Bonjour,
Votre inquiétude est parfaitement compréhensible, mais le simple fait que France Travail déclenche une "enquête mandataire" ne signifie pas automatiquement que vos droits au chômage vont être refusés.
Lorsque le salarié travaille dans l'entreprise de son conjoint, concubin ou d'un proche, France Travail vérifie systématiquement s'il existait un véritable contrat de travail avec un réel lien de subordination, ou si la personne exerçait en réalité des fonctions de direction ou de gestion incompatibles avec le statut de salariée.
C'est précisément pour cette raison que le questionnaire vous est adressé.
Dans votre situation, plusieurs éléments peuvent effectivement attirer l'attention de France Travail :
la relation de concubinage,
la procuration bancaire,
et la délégation de signature.
Ces éléments ne rendent pas automatiquement impossible l'indemnisation, mais ils peuvent conduire France Travail à s'interroger sur votre autonomie réelle dans l'entreprise et sur votre position hiérarchique.
Le point central sera donc le lien de subordination.
En droit, pour qu'un contrat de travail soit reconnu, il faut démontrer notamment :
que vous exerciez une activité réelle,
que vous receviez des directives,
qu'un contrôle existait,
et qu'il pouvait y avoir des instructions ou validations de votre travail.
Le fait que vous disposiez d'une procuration bancaire ou d'une délégation de signature n'est pas forcément incompatible avec un statut salarié. Beaucoup de salariés administratifs, responsables ou assistants de direction disposent de ce type d'autorisations sans être dirigeants.
Tout dépendra de l'étendue réelle de vos pouvoirs.
Par exemple, il y a une différence importante entre :
pouvoir signer certains devis validés en amont,
et avoir un pouvoir autonome de gestion de l'entreprise.
Les éléments que vous commencez à rechercher sont donc très pertinents.
Il peut être utile de produire :
des échanges montrant des validations par votre conjoint,
des instructions de travail,
des horaires imposés,
des demandes d'autorisation,
des comptes rendus,
des preuves d'organisation hiérarchique,
ou tout document montrant que vous ne décidiez pas seule.
Le fait d'avoir eu :
un contrat de travail,
une rémunération régulière,
des bulletins de paie,
et une ancienneté de cinq ans
joue déjà en votre faveur, même si cela ne suffit pas toujours à lui seul.
Concernant votre questionnaire, il est très important d'être honnête et précise. Il ne faut surtout pas cacher l'existence de la procuration ou des délégations si elles sont connues ou vérifiables.
En revanche, il est tout à fait conseillé d'accompagner vos réponses de pièces explicatives permettant de contextualiser votre rôle réel dans l'entreprise.
Et oui, certaines personnes dans des situations similaires obtiennent parfaitement leurs droits au chômage après enquête, surtout lorsqu'elles parviennent à démontrer qu'elles occupaient réellement un poste salarié malgré le lien personnel avec le dirigeant.
En pratique, ce qui pose surtout problème à France Travail, ce sont les situations où :
le conjoint gérait librement l'entreprise,
prenait les décisions stratégiques,
disposait d'une autonomie totale,
ou apparaissait comme co-dirigeant de fait.
En résumé, la présence d'une procuration bancaire et de délégations de signature justifie effectivement l'enquête de France Travail, mais cela ne signifie pas automatiquement un refus d'indemnisation. Le point essentiel sera de démontrer concrètement que vous exerciez bien votre activité dans un cadre salarié avec un véritable lien de subordination. Il est donc tout à fait pertinent de joindre des pièces complémentaires pour contextualiser vos réponses et sécuriser votre dossier.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien cordialement.
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